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POURQUOI OZES EXISTE

 Evelyne, 10/05/2021

Il y a quelques années, j’ai intégré une nouvelle équipe de travail dans une nouvelle région. La matinée s’était correctement passée, découverte des lieux et du nouveau poste, rencontre des nouveaux collègues… Le midi il y avait une salle commune ou une vingtaine de personnes se réunissaient pour le repas. C’était l’occasion de se relaxer, rigoler un peu sans parler boulot.

 

L’heure du repas arrivait à sa fin. On avait bien discuté. J’avais ramené des spécialités de la Réunion, de la confiture de goyavier, d’ananas et de mangue et le fameux pâté créole… pour faire découvrir les saveurs exotiques de mon île natale, commentées et appréciées.

A un moment alors que je me levais de table pour laver ma gamelle vers l’évier j’entends : « elle n’a cas à remonter dans son cocotier celle-là. »

 

 

Souffle coupé.

 

Mon cœur a sauté dans ma poitrine. Mon sang n’a fait qu’un tour !! Mes yeux se sont écartés et mes oreilles ont pris chaud.

 

Imaginez ma tête !

 

Cette phrase est arrivée comme un coup de poing à mon cerveau avec le brouhaha de la salle.

 

Un enchaînement de sentiments m’a envahi.

Le choc entremêlé à de la peur, de la tristesse, et un sentiment bizarre d’infériorité, et de colère.

 

Comment auriez-vous réagi à ma place ?

 

Avez-vous déjà été face à ce type de situation ou vous vous prenez en pleine face une grotesque réflexion ? Comment avez-vous réagi ou comment auriez-vous réagi ? 

 

C’est pour cette raison que « OZES » existe, je peux vous l’avouer. J’ai l’audace de vous le révéler aujourd’hui.

 

Je ne l’ai pas fait plus tôt parce que j’avais l’impression qu’il fallait mettre en avant que le positif des choses, laisser le négatif derrière soi. Mais c’est impossible. Car c’est aussi avec les événements négatifs qu’on se construit. Garder le silence ne change rien, au contraire, cela fait perdurer ce genre de comportement. Et il faut que ça s’arrête.  

 

Pour en revenir à ce fameux premier jour, cette phrase résonnait dans ma tête : « elle n’a cas à retourner dans son cocotier celle-là »

 

Fallait que je me défende n’est ce pas ? Alors je l’ai interpellée : « Quoi ? Qu’est ce que tu viens de dire ? »

Elle a tourné les talons et a quitté la pièce sans rajouter un mot.

 

J’étais dégoutée, blessée. C’était la première fois qu’on faisait preuve de racisme envers moi. Pourtant j’avais déjà vécu en métropole quelques années auparavant et jamais je n’avais été confrontée à ce genre de situation. Dur à encaisser. J’avais une boule dans la gorge qui restait coincée et ne partait pas malgré les jours qui passaient.

 

La raison à cette « phrase de bienvenue très accueillante » ?

 

J’avais proposé d’accrocher une pub de resto sur un tableau en liège au lieu de la laisser traîner sur les tables de repas.

Mince alors ! lol  

 

Oui c’est vrai je débarquais de mon ile, ou il y a des cocotiers, la plage, des montagnes, des gens souriants et accueillants, le volcan et plein de choses aussi magnifiques les unes que les autres.

 

J’ai eu droit aussi à : « Ah mais oui toi tu mets une robe rose ! C’est vrai que les gens des îles aiment porter des couleurs ! » Affirmation d’un autre collègue.

Ou bien : « Oh t’as froid ? Mais il fait chaud là, il fait 10 degrés ! »

 

 

A force j’avais envie de me faire toute petite car cela m’atteignait même si je faisais la forte et que je continuais à sourire.  

 

Puis il y a eu un déclic. Soit je devenais négative et frustrée, soit je relevais la tête et restais positive. Je n’avais rien à prouver, encore moins à me justifier.

Je suis restée MOI. J’ai décidé que ma différence devait être ma force.

Cela m’a boosté et c’est ce qui a fait germer OZES plus que le fait que je kiffe la Mode.

 

Et j’ai dit : « Plus jamais ça ! »

 

J’ai un rêve secret : celui qu’un jour on organise tous ensemble un flash mob géant. On danserait et on chanterait avec fierté notre différence et notre unicité : «J’Ozes être moi ! Ozes être toi !»

Affirmer qu’on est des gens bien dans notre tête et dans notre corps, courageux malgré les difficultés de la vie.

 

Rejoindre l’aventure OZES c’est pas juste une histoire de fringues, c’est revêtir l’habit de ceux qui «ozent» la tolérance.

 

Car on sait que vous avez pu connaître de telles expériences et nous voulons que vous criiez avec nous :

OSES ETRE TOI ! NE LAISSE PERSONNE TE FAIRE PENSER QUE TU ES UN(E) INCAPABLE ! NE LAISSE PERSONNE TE RABAISSER ! ON EST TOUS IMPORTANTS, QU’ON SOIT UNE FEMME, QU’ON SOIT GROS, PETIT, HANDICAPE, HOMOSEXUEL(E), AVEC DES PETITS SEINS, AVEC UN SEUL BRAS, CHAUVE, OU QU’ON AIT UN GROS CUL…  

OSE ETRE TOI, CROIS EN TES RÊVES, CROIS EN TOI !

 

Cent Mille voix ont plus d’échos qu’une seule.

 

On a tous, du sang qui coule dans nos veines, un cœur, des sentiments. On a tous droit au respect peu importe nos origines, notre culture et ce qu’on est ou ce qu’on n’est pas. On se complète avec ses défauts et ses qualités.

 

Chez OZES, vous l’aurez compris nous faisons la part belle à la tolérance. Aie l’audace de ta DIFFERENCE c’est une richesse, un atout, un privilège.

 

Nous avons tenu à le dire haut et fort à travers nos créations pour exprimer nos valeurs :

D’ou le choix de « L’Ange » sur un des tee-shirts de notre première collection, qui s’envole car on a qu’une seule vie.

D’ou le choix des « As », comme étiquette sur chaque tee-shirt, car chacun est un gagnant, chacun a des compétences et des talents.

Nous avons également des étiquettes avec « le symbole égalité Homme=Femme ». Peu importe son genre, on devrait avoir les mêmes droits.

 

Est ce qu’on se définit pour ce qu’on est ? Ou est ce qu’on se définit par ce qu’on fait ?

 

Voilà j’espère que vous aurez mieux compris notre leitmotiv.

Je n’engage que moi à travers tous les propos que j’ai pu tenir dans cet article.  

 

À bientôt Terrien!

 

 Evelyne, 10/05/2021

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